Le sucre donne t-il du diabète ?

Le sucre c’est quoi ?

Larousse : « Produit alimentaire cristallisé, blanc ou roux, de saveur douce, qu’on extrait de la canne à sucre et de la betterave sucrière. »

Sur un étiquetage nutritionnel, le terme « sucres » (avec un S) désigne tous les glucides avec un suffixe en « ose » ayant un pouvoir sucrant, essentiellement le fructose, saccharose, glucose, maltose et lactose. Les autres glucides ayant un pouvoir sucrant sont les « polyols » (sorbitol, maltitol, mannitol). Ils sont maintenant étiquetés séparément, en tant que « polyalcools », qui sont des glucides mais pas des sucres.

La consommation de sucre fournit de l’énergie chimique à court terme, mais ce n’est pas une forme de stockage d’énergie pour l’organisme. Une partie du sucre consommé peut être utilisé tout de suite pour fournir de l’énergie si nécessaire. Une autre partie sera emmagasinée dans le foie et les muscles (sous forme de glycogène) pour utilisation dans les heures qui suivent : en cas d’excès, une partie sera transformée en graisses (triglycérides) qui seront stockées dans les cellules du tissu adipeux.

Après extraction et purification, le sucre de betterave sort naturellement blanc, tandis que le sucre de canne cristallise avec une coloration qui va du blond au brun (du fait de pigments présents uniquement dans la canne à sucre). Pour devenir blanc, le sucre roux de canne est refondu et débarrassé de ses colorants dans une raffinerie, sans modification chimique. Seul le sucre blanc de canne peut être appelé sucre « raffiné »bonbons

Pour sa composition, pas la peine de chercher très loin. Le sucre est composé de… sucre et rien d’autre. Donc pour 100g de sucre on retrouve logiquement 100g de glucides qui nous fournirons 400kcal.

Au niveau des minéraux : dans le sucre blanc on trouve 30 à 50mg de potassium. Pour le sucre de canne non raffiné de 350 à 790mg et enfin jusqu’à 1100mg pour le sucre roux de betterave…  Pour arriver à l’apport journalier recommandé en potassium il faudrait consommer 10kg de sucre blanc !

On conclu assez facilement que les sucres raffinés sont vides de micro-nutriments et qu’ils ne sont absolument pas indispensable à notre survie.

 

Le diabète c’est quoi ?

Le diabète est une maladie chronique qui ne se guérit pas, mais que l’on peut traiter et contrôler. Il est causé par un manque ou un défaut d’utilisation d’une hormone appelée insuline.

L’insuline est produite par le pancréas. Elle permet au glucose (sucre) d’entrer dans les cellules du corps pour qu’il soit utilisé comme source d’énergie. Chez une personne non diabétique, l’insuline remplit bien son rôle et les cellules disposent de l’énergie dont elles ont besoin pour fonctionner.

Lorsqu’il manque d’insuline ou qu’elle ne peut pas bien accomplir sa fonction, comme c’est le cas dans le diabète, le glucose ne peut pas servir de carburant aux cellules. Il s’accumule alors dans le sang et entraîne une augmentation du taux de sucre (hyperglycémie).

À la longue, un taux de sucre élevé dans le sang entraîne certaines complications, notamment au niveau des yeux, des reins, des nerfs, du cœur et des vaisseaux sanguins.

Il existe différents types de diabète : le prédiabète, le diabète de type 1, de type 2, le diabète de grossesse et d’autres types plus rares. (1)

Le diabète de type 1, appelé autrefois diabète insulinodépendant (DID), est habituellement découvert chez les personnes jeunes : enfants, adolescents ou jeunes adultes.

Ce diabète résulte de la disparition des cellules bêta du pancréas entraînant une carence totale en insuline.

L’organisme ne reconnaît plus ces cellules bêta et les détruit : on dit que le diabète de type 1 est une maladie auto-immune. Le glucose ne pouvant pas entrer dans les cellules retourne dans le sang. Le taux de glucose dans le sang s’élève alors.

Les causes de cette maladie sont mal connues, il existe certes une prédisposition génétique mais ça n’est pas la seule origine…

sucre diabète

Zoom sur le diabète de type 2 :

Le diabète de type 2 apparaît généralement chez les personnes âgées de plus de 40 ans.

Le surpoids, l’obésité et le manque d’activité physique sont la cause révélatrice du diabète de type 2 chez des personnes génétiquement prédisposées. Sournois et indolore, le développement du diabète de type 2 peut passer longtemps inaperçu : on estime qu’il s’écoule en moyenne 5 à 10 ans entre l’apparition des premières hyperglycémies et le diagnostic.

 

Pour le diabète de type 2, le processus est différent de celui du diabète de type 1. Deux anomalies sont responsables de l’hyperglycémie :

  • Soit le pancréas fabrique toujours de l’insuline mais pas assez, par rapport à la glycémie : c’est l’insulinopénie ;
  • Soit cette insuline agit mal, on parle alors d’insulinorésistance.

 

L’insuline ne peut plus réguler la glycémie et cette résistance épuise progressivement le pancréas qui finit par ne plus assurer une production suffisante d’insuline. Ces deux mécanismes font que le glucose ne pénètre pas dans les cellules du corps et reste dans la circulation sanguine. Le taux de glucose dans le sang n’est plus régulé par l’insuline.

 

Il existe un ensemble de facteurs favorisants :

 

Une origine génétique : le facteur familial est tout à fait prépondérant. Des antécédents de diabète du même type sont souvent présents dans la famille ;

Une alimentation déséquilibrée, manque d’activité physique, surpoids… (2)

 

La relation entre le sucre et l’insuline

La glycémie

Le sucre circule dans le sang à une concentration plus ou moins constante. Il doit en effet toujours être disponible pour les organes qui en ont besoin. La concentration de sucre dans le sang s’appelle la glycémie. Elle est comprise entre 74 et 106 mg/dl (milligrammes par décilitre). On parle d’hypoglycémie lorsque la concentration en sucre dans le sang est trop faible, l’inverse étant l’hyperglycémie qui est définie pas une concentration excessive.

 

Le rôle de l’insuline

Quand la concentration de sucre dans le sang est trop importante, le pancréas libère une hormone particulière : l’insuline. Celle-ci va stimuler le foie et les muscles pour qu’ils captent le sucre et  le mettent en réserve. Ces réserves permettront d’affronter les situations où le glucose vient à manquer. L’insuline est donc nécessaire pour faire entrer le sucre dans les tissus. Sans injection, le diabétique se trouve donc dans une situation d’hyperglycémie constante…

Sans avoir aucune connaissance en nutrition, on connait déjà tous les effets du sucre sur notre organisme. On l’a entendu ou ressenti en sortant d’un repas très riche ou après une grosse portion de gâteau sucré. Dans les minutes qui suivent c’est l’hyperglycémie, l’insuline est sécrétée et « attrape » le glucose sanguin pour le mettre en réserve. Le problème avec le sucre c’est que son index glycémique (capacité d’un aliment à faire augmenter le glucose sanguin) est très élevé. Il va alors faire grimper significativement le taux d’insuline… Qui va évidemment rechuter par la suite, ce sera alors l’hypoglycémie : le moment où vous avez l’impression d’être mou, envie de dormir, pris d’une soudaine fatigue. Voici un schéma qui illustre ces propos :

https://en.wikipedia.org/wiki/Blood_sugar_level

On observe dans sur ce graphique trois pics d’insuline qui correspondent à 3 repas riche en sucre. Pour éviter ces pics il convient de manger des aliments qui possède un index glycémique faible ou moyen : réduction de l’amplitude des pics, moins d’insuline sécrété = pas d’hyper/hypoglycémie.

 

L’implication du sucre

Le sucre contribue à l’épidémie d’obésité, il est par conséquent responsable de l’épidémie de diabète. L’obésité abdominale est comme nous l’avons observé plus haut reconnue comme un facteur de risque du diabète.

L’effet du sucre reste difficile à isoler dans le cas du diabète. On sait quand même que le sucre ajouté aux aliments augmente les calories ingérées, sans enrichir sa valeur nutritive. Par ailleurs, des données scientifiques pointent de plus en plus les boissons gazeuses et sucrées comme cause possible du diabète.

D’après mon avis purement personnel, le sucre à outrance provoquant d’énorme variation d’insuline de façon régulière favorise logiquement l’apparition du diabète. Je pourrais m’obstiner à vous le prouver en citant des études qui arrivent à cette conclusion de façon indirect mais ce serait inutile pour deux raisons. La première est qu’avec ou sans études, le sucre raffiné est mauvais pour la santé. La seconde est que cela parait logique, si notre corps nous envoie à chaque fois des signaux clair (hyper/hypoglycémie) pour nous faire comprendre que notre alimentation est trop riche en sucre : pas besoin de jouer avec le feu.

J’ai un élastique dans les mains, dans un cas de figure il est en tension très légère de façon continue avec des variations minimes.

Dans l’autre cas de figure, un autre élastique semblable au premier est soumis 3 fois par jour à un étirement extrême d’un coup sec, avant d’être complètement relâché tout aussi rapidement.

D’après vous, lequel cassera en premier ?

C’est la même chose avec l’insuline : d’un côté des variations légères du glucose sanguin ne provoquent pas d’hyper/hypoglycémie. De l’autre, des variations brutales et répétées qui causent des changements significatifs du taux de glucose sanguin…

Pas besoin d’études pour comprendre lequel de ces deux cas de figure conduira potentiellement à l’apparition du diabète…

 

Le problème de l’alimentation occidentale moderne

En France en 2015, 3,7 millions de personnes prenaient un traitement médicamenteux pour leur diabète. En 2016 c’est 1 personnes sur 11 qui souffre du diabète dans le monde. La principale cause de cette triste réalité c’est les modes de consommation de certains pays :, moins de sport, plus d’obésité, alimentation ultra transformé…

Rien qu’en France le taux de personnes malades a augmenté de 50% entre 1996 et 2006 et les prévisions ne sont pas rassurante.

Pour lutter contre l’apparition du diabète et pour vivre en meilleure santé : Bougez plus, mangez mieux… Même si à force de l’entendre quotidiennement ces recommandations ne nous interpellent même plus, elles sont toujours d’actualité et le resteront pour encore longtemps…

 

En conclusion…

Bien sûr que le sucre donne du diabète, et quiconque vous dira le contraire à quelque chose à y gagner.

Le sucre est incompris par beaucoup, c’est pourquoi je vous en parle plus précisément ici: 

 

(1) www.diabete.qc.ca

(2) www.federationdesdiabetiques.org

 

Maël brossaud

Fondateur du site GetStronG.fr et auteur du Guide Moderne de la Nutrition. Il est expert dans le domaine de la remise en forme et a à cœur de partager des informations utiles et accessibles à tous.

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